Lorsque la nuit lente brassait les champs
elle fut d’abord pétale de coquelicot
frémissant sous les avoines folles
museaux dressés tout animal invoque
par les buissons aux portes des champs :
Aube aube
Inquiets les hommes crient : Déesse déesse
ils espèrent l’aurore
ne sachant qu’espoir de demain et souvenir d’hier —
mais sous la tente d’ombres dormante
nul ne te savait ni toi non plus
et moi je dis :
Aube, mon amie, mon amour !
coquelicot fripé
braises de feuilles ton ventre
graine enroulée dans la nuit
certaines femmes ressemblent à des coupons de nuit
leur silhouette bordée d’une lueur arrière
leur sourire les précède comme un poisson brillant
cependant connaitre la trace de leurs pas s’avère difficile
on ne peut qu’espérer que du combat de la nuit et de l’aube
s’échappe, bourdonnant d’abeilles
un jour nouveau, blanc et calme
dressé comme une statue de marbre dans le désert
mais elles, c’est d’entre les herbes
que monte leur lumière
et que leur jour s’épand —
Aube ma princesse
tu ne sais pas combien de jour ton jour aura
lorsque tu paraitras
comme monte le lait
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