jeudi 4 mars 2021

garance

 
 
Garance - fleurie et sombre
on t’a vu monter avec l’étoile
sur le saisissement des lucioles
alignées selon les stries  de la mer -
les jeux des enfants amoureux.

Nous avons parlé en marchant -  
de poules piétinant les bruyères,
du goût de l’iode sur le dos de la main:
comment d’une toupie enfantine
ont surgi les montagnes.

La plus mystérieuse des métamorphoses
est celle d’une phrase oubliée, 
érodée par les vents,
d’où naitrait un amour d'aujourd’hui.
 
 

mardi 2 mars 2021

des lectures de mes textes

D'un mail privé :

"(...)
J'éprouve le besoin de vous dire que, après une assez longue interruption, j'ai repris la lecture des Thèses Inconnues.
J'ai lu ce matin la dernière page du "livre de pitchi-poï". C'est comme de traverser le feu. Je ne sais quel feu... Celui qui brûle depuis l'origine de notre Terre dans le fond du cratère d'un volcan actif ?
Toute métaphore est déplacée. C'est juste pour "dire" - et que dire par du silence, ce n'est pas facile ici... Alors, j'ai pris ce que j'avais à ma portée. ( ... )"

D'un lecteur inconnu, parvenu par un chemin indirect :

" j'ai presque fini "les thèses inconnues" Si j'avais raté ce bouquin il m'aurait manqué quelque chose. difficile de pouvoir apporter une quelconque critique tellement c'est personnel. j'ai l'impression, mais évidemment je peux me tromper, et m'en excuse à l'avance, que la disparition de son père a ouvert une soupape et tout a resurgi, le passé la vie la mort et le poids douloureux et incompressible de la Shoah. bref un livre difficile mais important, voir indispensable. "

 

Une autre lecture ici,  sur le site Terre à Ciel. ( clic ! )

 

 Un extrait :

"Il y eut un éclair celui de l’épée des Bruits tus à la porte du jardin perdu
et j’écris.

Maintenant j’écris. Un conte des morts, ce livre,
mon livre, l’os de mes actes, la chair de mes raisons,
mon chemin en marche, l’en-route de mes allées et venues,
ce qui était au commencement qui me désignait mon terme dans le secret;
je crée cette route vers la dernière de mes maisons,
mon paradis à moi, mon château d’Angst.
Je crois que je l’ai visitée mon utopie à moi, réalisée
en passant par Pitchi-poï, et si je ne me trompe pas,
c’est à venir dans l’écrit qui construit qu’elle paraîtra,
là où depuis l’origine ça se trouvait
parmi d’autres histoires et d’autres légendes,
quelque part entre le récit et la chose nue — 

(Ce qui passait entre nos jambes était ce mince
Ruban d’herbettes si sèches et pauvres
Que nous dessinions entre nos jambes et nos pieds
A chaque enjambée que nous tenions
A égale distance des fables-cathédrales et de la terre trouble
En quelle plaine il abordait quel vallon verdoyant
Si de notre marche pleine d’efforts
Du chemin que nous inventions dans les folles ivresses de la fatigue
Gagnant de rompre le combat de la volonté
Se dégagerait une ronde de saveurs de lumières gaies
Si nous irions accéder à justice
Ou perdre perdre perdre) 

Ils disaient que c’était une utopie,
mais c’est de moi, moi ensemble avec mon corps,
que je commencerai :
je suis né peu d’années après le milieu du Siècle des juifs,
à Paris,
- il y a eu cette guerre -,
peu de temps après la plus horrible des guerres européennes,
libérateur de la beauté au fond des puits,
à l’affût de l’intelligence des choses ...

D’aussi loin que je me souvienne j’ai routé vers cette dernière maison,
je l’ai imaginée beaucoup, dans les semi-lueurs hypnagogiques je lui ai trouvé de ces formes:
au réveil je me demandais : est-ce réel est-ce rêvé est-ce souhaité?

Maintenant plus de doutes : je l’ai visitée !
Ses grandes pièces, des escadrons de chats sombres,
de larges couloirs aux carrelages frais,
des chambres, des intercalaires de verre aux couleurs fanées ;
des alentours amers des alentours fleuris ; et ses caves — "


Un lien pour s'offrir le bouquin : " Les Thèses Inconnues":  il suffit de cliquer sur cette phrase-même (elle est pas magique, la vie ? )

 

Un mot sur la construction du bouquin :

[ Allez, je risque encore un mot pour aider les lecteurs de ce livre, mais alors seulement les lecteurs bienveillants, hein : parce que j'en ai si particulièrement bossé la construction, et qu'elle a été si peu vue ! A tord ou à raison, parmi ous les trucs que j'ai écris, et j'en écris, je tiens entre tous à celui ci. C'est vrai qu'elle est peut-être singulière. Voici : elle n'est pas cachée, la structure, la construction, elle est toute entière au fond annoncée dans ce petit passage ci-dessus. Ce livre est une sorte de roman, je dis bien roman, qui tente d'établir son récit ENTRE les "fables-cathédrales et la chose trouble". D'établir là ses chemins. De questionner depuis ce lieu là. Tout le livre est fondé là-dessus : les "styles" différents, les retours, les commencements qui n'en finissent pas de commencer... Il y a pourtant bien une "intrigue", et même double, qui trouve comme dans n'importe quel livre ses résolutions ambigües à la fin.
Je me suis autorisé de plusieurs lectures importantes pour moi :
- D'abord le " Jeu de la Feuillée", de Adam de la Halle - pour l'introduction par Adam, sur scène ! , d'un personnage qui serait lui-même, et surtout par ce fait extraordinaire, que toute sa pièce au fond questionne cette identité entre ce personnage et lui-même, le poète-musicien qui est en train d'écrire sa pièce.
- Dans le même ordre d'idées, dans une moindre proportion : de l'introduction par Ernest Sábato de lui-même, dans sa géniale trilogie.
- Du Livre de Job, j'ai retenu un élément souvent négligé dans les lectures qui en sont faites : lorsqu'un personnage enfile ses justifications pour tenter d'expliquer ce qui arrive à Job, Job commence toujours par répeter ce que son ami lui dit. " Mais oui, le monde est comme ceci et comme cela, est-ce que je ne le sais pas ? " dit-il en substance; avant de constater que ces explications, qu'il connait lui-même jusqu'au bout des doigts, eh bien cette fois, elles ne marchent plus, elles échouent à dire ce qu'il éprouve. Et c'est là, bien plus que dans le drame climato-sociétal dont il est la victime, que se situe le moteur de la tragédie du Livre de Job: l'inadéquation radicale des paroles. Et donc le thème et finalement la "résolution" de l'oeuvre, c'est là qu'elles se trouvent : dans la parole, et uniquement ( ou presque ) dans la parole : c'est le cheminement de la parole qui est le sujet du livre de Job. Ceci m'était très présent lors de la construction de mes "thèses inconnues". Je pense qu'on peut considerer cela comme une conception "magique" du langage, magique ou archaïque : la parole fabrique ses mondes. Moi, je ne sais pas ce qu'il y a de vrai ou de faux dans cette conception, par contre je sais que le bouquin est construit avec ça.
- Enfin, not least dans l'ordre des influences pour ce livre,  les livres de K. Dick, en particulier son petit  L'oeil dans le Ciel. Dans l'Oeil dans le Ciel, les personnages voyagent dans les représentations subjectives que chacun se fait de la réalité. Chacunes sont des lieux à part entière. Je n'ai pas repris cette idée à la façon de K. Dick - je n'ai pas figuré sur un mode "objectif" ces différents mondes subjectifs. J'ai essayé d'en garder le danger, et le mouvement, à tous les niveaux du récit: en cela, c'est plutôt sur la Trilogie Divine de Dick dont je me suis souvenu : il y brouille, bien plus que dans l'Oeil, les frontières entre la "réalité" ( l'homme Dick ) et le récit imaginaire ( les tribulations de Horselover Fat... et quelquefois de "Dick"- toujours vu à la troisième personne ) . On sait combien les français ont détesté cela ! ... et pourtant, pourtant, même si le grand écrivain américain est mort trop tôt pour aboutir d'avantage cette technique relativement neuve dans son oeuvre, elle invente un mode de rapport-au-discours parmi les plus fascinants de la littérature contemporaine et,  j'en suis convaincu, cette fois encore comme un des plus "visionnaires".
C'est pourquoi par exemple mon bouquin commence comme le récit personnel d'un deuil personnel - parce que ça se passe bien dans "ma" subjectivité, et puis que ça devient autre chose, vite dans le texte. Je n'ai jamais été discuter avec le fantôme de mon père dans la cave d'une maison recréée par un égrégore amnésique et démiurge ! J'ai été très étonné qu'on semble prendre mon bouquin au premier degré, j'ai pensé qu'il y avait là quelque chose de naïf, comme les gens qui se montraient dans la rue l'auteur de la Divine Comédie en murmurant : c'est l'homme qui a visité l'enfer, le purgatoire et le paradis !
On m'a dit aussi,  en substance, à propos du dernier chapitre ( ou "chant", ou "partie" ou... ce que vous voulez ) : "c'est bizarre, on ne sait pas lequel des deux est en train de parler. Pourquoi compliquer ? " Mais ce n'est pas pour compliquer ! c'est parce que on ne sait pas, ni moi, ni les personnages, qui est qui et qui est en train de parler... jusqu'à ce qu'ils le sachent, parce qu'ils le font, ils font ce qu'ils faut pour le savoir. Sinon, ce serait quoi ? Du blabla sur Marx, sur l'Histoire, sur le fascisme, sur la Pensée ? Ou alors un règlement de compte pychanalytico-psychologique ? Personnellement, je ne suis pas mécontent de cette astuce technique, je la trouve simple et très suggestive. Et puis ce chapitre me fait rire à chaque fois. ]

 

samedi 27 février 2021

Ahmed Slama

 a) je signale ceci : ( "moi" parallèles)

- lu par son auteur,
Ahmed Slama,
dans lequel on peut clairement entendre une syntaxe en prise avec la nombreuse langue française d'aujourd'hui.
Que ça survienne à propos d'un récit d'errances, de papier administratif se voulant valoir pour identité, d'une ville festivalière hors ses brouhahas... et que ça passe par une note de lecture autour d'un court passage de Proust - ça n'est pas vraiment étonnant, en fait.
Ecoutez donc la lecture, sa parole ! que sa trace écrite, elle pourrait voiler un peu. 

 *

b) Par ailleurs ! ceci : https://hervemartinhmd.blogspot.com/2019/11/ce-nouvel-espace.html
que je trouve juste. ( et peut-être pas si éloigné ).


*

c) Un mot pour les quelques abonnés à ce site : d'une part, vos données ( c'est à dire votre adresse mail lors de votre abonnement ) : j'y ai accès, mais de manière si détournée et si compliquée que je n'ai pas vraiment l'intention de refaire le chemin qui m'a permis une fois d'y accéder ! Et à moins que vous ne me l'adressiez volontairement, je n'ai pas l'intention de m'en servir.
Les publications sur ce site vont sans aucun doute se faire progressivement à intervalle plus distants, voire assez rapidement BEAUCOUP plus distants ! ( Beaucoup beaucoup ).
Un auteur désire être lu. Il arrive que ça ne soit pas avant tout par vanité. Implique n'hésitez pas à partager ceci et vraiment à encourager "l'inscription" ... parce que... comme ça va se faire plus rare un moment... ou l'autre... voilà, vous t'as tout compris ta race !






Gaston Couté : le gas qu'a mal tourné


Voici un texte de Gaston Couté, que je retrouve dans un mail qui m'a été adressé le 15 Juin 2009.


 Le gas qu'a mal tourné

Dans les temps qu'j'allais à l'école,
- Oùsqu'on m'vouèyait jamés bieaucoup, -
Je n'voulais pâs en fout'e un coup;
J'm'en sauvais fér' des caberioles,
Dénicher les nids des bissons,
Sublailler, en becquant des mûres
Qui m'barbouillin tout'la figure,
Au yeu d'aller apprend' mes l'çons;
C'qui fait qu'un jour qu'j'étais en classe,
(Tombait d' l'ieau, j'pouvions pâs m'prom'ner!)
L'mét'e i'm'dit, en s'levant d' sa place:
"Toué!... t'en vienras à mal tourner!"


Il avait ben raison nout' mét'e,
C't'houmm'-là, i'd'vait m'counnét' par coeur!
J'ai trop voulu fére à ma tête
Et ça m'a point porté bounheur;
J'ai trop aimé voulouér ét' lib'e
Coumm' du temps qu' j'étais écoyier;
J'ai pâs pu t'ni' en équilib'e
Dans eun'plac', dans un atéyier,
Dans un burieau... ben qu'on n'y foute
Pâs grand chous' de tout' la journée...
J'ai enfilé la mauvais' route!
Moué! j'sés un gâs qu'a mal tourné!


A c'tt' heur', tous mes copains d'école,
Les ceuss' qu'appernin l'A B C
Et qu'écoutin les bounn's paroles,
l's sont casés, et ben casés!
Gn'en a qui sont clercs de notaire,
D'aut's qui sont commis épiciers,
D'aut's qu'a les protections du maire
Pour avouèr un post' d'empléyé...
Ça s'léss' viv' coumm' moutons en plaine,
Ça sait compter, pas raisounner!
J'pense queuqu'foués... et ça m'fait d'la peine
Moué! j'sés un gâs qu'a mal tourné!


Et pus tard, quand qu'i's s'ront en âge,
Leu' barbe v'nu, leu' temps fini,
l's vouéront à s'mett'e en ménage;
l's s'appont'ront un bon p'tit nid
Oùsque vienra nicher l' ben-êt'e
Avec eun' femm'... devant la Loué!
Ça douét êt' bon d'la femme hounnête:
Gn'a qu'les putains qui veul'nt ben d'moué.
Et ça s'comprend, moué, j'ai pas d'rentes,
Parsounn' n'a eun' dot à m'dounner,
J'ai pas un méquier dont qu'on s'vante...
Moué! j'sés un gâs qu'a mal tourné!


l's s'ront ben vus par tout l'village,
Pasqu'i's gangn'ront pas mal d'argent
A fér des p'tits tripatrouillages
Au préjudic' des pauv'ers gens
Ou ben à licher les darrières
Des grouss'es légum's, des hauts placés.
Et quand, qu'à la fin d'leu carrière,
l's vouérront qu'i's ont ben assez
Volé, liché pour pus ren n'fére,
Tous les lichés, tous les ruinés
Diront qu'i's ont fait leu's affères...
Moué! j's'rai un gâs qu'a mal tourné!


C'est égal! Si jamés je r'tourne
Un joure r'prend' l'air du pat'lin
Ousqu'à mon sujet les langu's tournent
Qu'ça en est comm' des rou's d'moulin,
Eh ben! I' faura que j'leu dise
Aux gâs r'tirés ou établis
Qu'a pataugé dans la bêtise,
La bassesse et la crapulerie
Coumm' des vrais cochons qui pataugent,
Faurâ qu' j'leu' dis' qu' j'ai pas mis l'nez
Dans la pâté' sal' de leu-z-auge...
Et qu'c'est pour ça qu'j'ai mal tourné!.
 

vendredi 26 février 2021

Editions Fissile

 

Un excellent éditeur. 

 

https://www.fissile-editions.net/

 

Tout y est très bon, j'ai une tendresse particulière ( non exclusive ) pour la Collection Háček  (qui propose des traductions du tchèque.

A noter la trace très pragmatique de l'authentique passion pour la littérature, sur la page d'accueil du site : 

"Une réduction sur le prix de nos ouvrages est accordée aux étudiants, chômeurs, RMistes, et la gratuité aux détenus. Nous consulter."

 

étude fragment

 (...)

 

Eh bien c'était une cuisine
comme dans un conte de fées: tout
y était petit.
Petitement rafraichie par l'air conditionné
à peine flottant après son passage par
la petite salle. Un tout petit évier,
sur lequel s'empilaient à hauteur d'homme
des dizaines d'assiettes sales; au sol,
qui ne semblait pas bien propre,
des casseroles jusque là.
Un minuscule soupirail dans l'épaisseur duquel —
tournait tournait,
vers le dehors brulant, remuant le midi
moyen-oriental. Oh il fait chaud,
aurait-il dit, si les choses avaient parlé
langage humain.

Et l'homme était petit aussi :
petit et chinois et c'était bien, parce que
il avait la place comme ça,
pour bouger bien, dans sa petite cuisine :
de cela je me souviens.
Quoique son travail à lui
ce ne soit ni bouger, ni laver !  
Non mais :  éplucher, émincer,
ouvrir, mettre dans, fourrer, replier,
et toutes ces choses là qui sont dans le même genre
de cette catégorie de gestes de son métier à faire.
Mais même pour pour ça, non ?  
c'est mieux avec un peu de place.

Cet homme, il imaginait aussi, souvent à haute voix,
et l'autre homme, celui qui allait, donc, devenir mon patron,
se réjouissait, encourageait,
discutait chaque invention de son —

Lui qui ( il était chinois ), bien plus tard, me détaillera
sa passion pour la pisciculture
des petits poissons exotiques d'agrément;
( le projet du gars : développer le premier commerce en gros
de poissons pour aquariophiles du pays. )
N'est-ce pas ?

Ensuite, le propriétaire s'est assis en face-à-moi
dans la travée du Centre commercial
légèrement inclinée, si bien qu'il s'est trouvé
assis un petit peu à contre, et à bas,
ce qui le contraignait à tendre un peu la nuque
par dessus la table, et moi, au contraire,
à me déjeter en arrière comme dans une chaise longue.
Alors que j'espérais qu'il serait mon patron
et moi son employé, s'il advenait à la fin
qu'il dise les mots
qui le feraient lui suzerain moi son vassal, son autre homme —
lige et loyal.
" Il s'en fout ? Un type intelligent ? "

C'est alors qu'il a proclamé :
eh bien tu commences, tout de suite après la guerre.
Voilà !

Eh bien ! Tu commences ! Tout de suite après la guerre,
ouvrant grand au mien son visage
tout en caressant, loin par delà mon épaule gauche,
de l'autre côté,
une de ces lignes de hanches
qui font tant de bien
au pauvre coeur accablé des hommes.  

 

(...)

jeudi 25 février 2021

vénus-golem, une lecture

- " Qu'est-ça ?  C'était quoi ?
Qu'est-ce que ça veut dire ? "  
- " Oh moi, vous savez... pas de miroir !
on patiente, on patiente - y en a marre ! "

( Analecte " Sagesse des Peuples " - 13 259 avant JC )


 


 

mercredi 24 février 2021

à un roi-loup


 

À l'enveloppe d'un bonbon,
À un roi-loup couvert de poudre,
Je t'ai comparé, toi, la peau,
Abandonnée par un serpent

Sur le gai sentier innocent.
Voici, c'est vrai, j'entends le vent.
Le jour qui glisse de la nuit
Est pommelé et je suis triste,

Tremblant, n'ayant rien à donner.
Mais l'immense odeur de la pluie,
Je la sens aussi ce matin.

Pieds-nus, je ne sais où j'habite :
Mon jour, ma nuit, confusément
S'étreignent -  notre temps noir, je l'aime.


( MG - 24.02.21 )