vendredi 3 décembre 2021

de ma part du mal qui rôde dans le monde

 


 

 

De ma part du mal qui rôde dans le monde
pourrais-je m'amender ? Tant de philosophes,
tant de religions - et rien -
rien d'autre que l'enfouissement de sangs
vivants sous les eaux mortes du Canal.

Et le Dieu de la bible crie en sa jeunesse naïve :
je ne crois pas ! Mais prouvez moi,
si vous pouvez, le contraire !
Prouvez moi que je me trompe !

Et Zhuang Zi dit : non ! c'est insensé de l'esperer !
Et Wittgenstein dit : toute pensée exprimée n'est que tautologie.
Et tous, veulent voir dans le reflet du chas d'une aiguille
dressée dans le vent d'une dune l'ange d'un salut.
Ils fourbissent le chas, ils placent des étais à l'aiguille,
panneaux et moulins pour les vents,
et prières pour les anges.

Eloigne, o seigneur, si tu peux, de mes lèvres cette coupe.
Vivre est amer et enfanter - fragile et incertain !
Vois ! c'est pour l'oublier - que nous noyons les enfants dans la mer.

Eloigne, si tu peux, de moi les ombres trop aigres,
les fantômes des vignes.
Eloigne-toi, si tu peux, surtout, éloigne-toi de nous.
Ainsi tu seras mon prochain, mon lointain : moi non plus, je ne crois pas.
En cela seulement, l'image entre nous nous ressemble.

Et tel sera le contrat de notre mariage futur :
qu'auprès de notre table, vienne un quelconque marchand
présenter son étal de fruits et de légumes.
Nous les payerons au prix des fruits et légumes
et nous lutterons à dire et à manger, et dire encore,
dire tout - ce qui se présentera à dire, nous le dirons
en longues paroles rythmées.
Et si tu meurs avant moi, sacrifie-toi, seigneur, puis ensevelis toi.
Mais si je meurs avant toi, ne vas pas te charger à nouveau,
ni ôter à quiconque sa sandale. Sache bien que je te pardonne,
de tout ce que tu as fait, de tout ce que tu n'as pas fait.
Va, Seigneur, va sur les chemins côtiers,
déshabille toi, va - dissous toi avec les brumes,
prends corps comme aux premier temps de la première lumière.
N'épouse pas, personne. Soyons les derniers, enfin ! - pour être les premiers. 


 

 

jeudi 21 octobre 2021

Cléopatre Captive, Jodelle

 Cléopatre Captive, Jodelle


Octave parle à Cléopatre.
une description des tensions du désir et de l'amour vues de l'extérieur, exclusivement côté force et Pouvoir.


... vous le paissiez de ruse et de finesses,
de mille et mille et dix mille caresses ?
Tantot au lit exprès enmaigrissiez,
tantot par feinte exprès vous pallissiez,
tantôt votre oeil votre face baignait
dès qu'un jet d'arc de lui vous éloignait,
entretenant la feinte et sorcelage,
ou par coutume, ou par quelque breuvage :
même altitrant vos amis et flatteurs
pour du venin d'Antoine être fauteurs,
qui l'abusaient sous les plaintes frivoles,
faisant cêder son profit aux paroles :
" quoi ? disaient-ils, êtes vous l'homicide
d'un pauvre esprit, qui vous prend pour sa guide ?
Faut il qu'en vous la noblesse s'offense,
dont la rigueur à celle là ne pense,
qui fait de vous le but de ses pensées ?
O qu'ils sont mal envers vous addressées !
etc -
 
( altitrer : confier la charge à ; sorcelage : sorcellerie ; )

... tantot au lit exprès emmaigrissiez... : exprès.
par feinte exprès vous palissiez, exprès.
par coutume : par accoutumance...


l'art d'écraser le mystère des violettes sous la forme -

Les Thèses Inconnues - une correction

p 174. 

Au lieu de :

Tel un grand navire la nuit à l'approche lentement du quai d'un port dormeux, la maison plongeait dans  le silence.

 

veuillez remplacer par :

Tel un grand navire la nuit à l'approche lentement du quai d'un port dormeux la maison accostait le silence.

 

C'est évident, mais dès fois, il faut le temps, hein ! ( il peut, il devrait y avoir encore des variations là dessus ça, mais enfin bon, pinaillons pas, l'important c'est quand même ça, l'accostage. Et, moins certainement, mais quand même, affaire de respiration, pas de virgule !  ) Franchement, quand j'ai vu ça, j'ai eu honte.

l'appel

 ...

l'appel — Ulenspiegel espiègle au muezzin ! -
de la caisse aux tournants

griffues liqueurs des chênes,
endormez-nous !

avec ces chats-huant,
l'engoulevent,
des trois galettes
nourrissons-nous !

nous, aux synodes des fourmis ?
Irons !

...

mardi 19 octobre 2021

abonnements

Google a supprimé l'ancienne liste d'abonnements.
Vous pouvez vous abonner ( c'est à dire recevoir un avertissement de mise-à-jour du blog ) en bas de page. 

L'inconvénient, c'est qu'il faut avoir un compte google ( gmail ou autre ). Cela permet certainement à la firme de pouvoir vous traquer sur internet plus facilement. Moi, je ne pratique pas ces abonnements, mais vous n'êtes pas moi.

L'avantage, c'est de pouvoir suivre les mises-à-jour de ce blog, qui tendent de mon côté à devenir de plus en plus rares. Mais existantes.

depuis l'intersection

 ...


depuis l'intersection de la bale et du grain,
funambule tamisé
je trébuche heureusement
jusqu'au premier dit de la région des airs
( dont l'univers nous porte la mémoire )
et des galets ( qu'en bouche nous porterons demain ).

o ma parole détachée - une et plurielle tu fus cette fois :
pour te chanter je souffle de ma gorge serrée
mais d'abord je t'ai recueillie sans autre vouloir
que consentir être né : comme un enfant qui courre après son ombre,
ce que je semble dire, c'est devant moi qu'il courre;
comme mince se répand l'ombre fluide,
fille du soleil et de mon corps
et révèle chaques méplats de la prairie,
ainsi devant moi se déplie mon oeuvre,
( j'ignore où sont tendues ses mesures )
fleur ombreuse de je ne sais qui et de mon corps :
et puis je courre après. Jamais, jamais s'saisir,
c'est un truc bizarre.
 ( Elle / n'a pas / de coudes ! / )
Le plus commun à tous aussi, mais voilà
mon seul orgueil, mes allégresses, mon désespoir :
je ne veux vivre et mourir qu'en cette liberté.

voilà là toi o errante attifée de frusques anciennes ——
j'ai tombé  
 

 

...

 

 

dimanche 22 août 2021

être accompli etc

Un vrai miracle ! j'ai retrouvé - tout à fait ailleurs ! - ces poèmes. Ca aurait été dommage, quand même. La série des "êtres accomplis" n'est pas là toute entière, mais avec ceux que je sais avoir retrouvé d'autre part, ça va le faire.
Il y a aussi ici deux ou trois poèmes, que j'ai manifestement écrit en même temps, qui font partie d'un autre "ensemble".

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L'étang est gelé, cannes et canetons de safran,
là venu où les branches se courbent, et le froid
rongeur, et tu tousses sous la couleur,
et les plis dans la traîne des nuages, pour
quelle épousaille donc, noces de cendre, marié de fer,
et derrière toi aussitôt les prêles et les épines
se nouent, et toute trace de tes pas se referme,
et l'œil de partout de fumée s'agite vaguement.
Avec l'enfant fiévreux, avec ton cauchemar,
sur la glace pour la troisième fois assieds-toi,
et tu libères la débâcle, et l'envol des canards,
et si tu reviens au village, le tien qui tisse les fumées,
l'épouse se souviendra comment pétrir la pâte.

L'être accompli ainsi au lieu du grand péril surmontant les mesquineries atteint le milieu de la cible.

21 Nov



Être vivant. Le réel en mouvement.
Vivant. Du réel se détache la danse.
L'vis ! N'irréel ni réel.
Ils s'allongent sur la peau, enfin.
Ils clament : ma reine ! mon roi ! Soyons réels, pour une fois et pour le conte !
Ils mangent ensemble. Ils connaissent ce bien.
C'est une folie, cela qui émeut les hautes couches du pin.
Ils font l'amour sans le savoir.
Ils ramassent les feuilles et projettent les flocons.
Ce qui reste des mots s'évapore au matin.

L'être accompli ainsi de tout ce qu'il rencontre fait pièce unique.

23 Nov


Le monde s'éboule. Sables. Bouchon. Ouverture.
Dans la répétition, on prospère.
Toi, là ! Toi tu te tiens, tu es la tortue.
L'ancienne qui perdure, elle même, une tortue, ne doute pas qu'elle t'aime.

L'amour de ton odeur, elle, de ton nævus, toi, elle.
Dans un de ces plis de la petite vallée, si tu t'abrites, avec ou sans la charité de l'araignée. Ténacité requise.

L'être accompli ainsi débusque l'étranger au milieu des semblables.

19 Nov






Comme une funambule tendrement claudiquante,
enfiler chaque patte dans une boucle de l'intérieur vers l'extérieur,
de l'extérieur vers l'intérieur la ramener, déplier, poser, plier, pousser le coussinet,
aller droit sur le fil, double-swing des fesses,
s'asseoir comme quelqu'un à qui le temps appartient,
jaillir aboyer pour chasser l'intrus blanc,
reprendre le pas sur ce fil très bon de la vie.
Mi sol si ré fa,
Le petit maître se place devant toi, aussitôt s'asseoir,
se tendre du dos rocheux jusqu'au brasillement des elfes humides vers son beau visage,
"Je ne suis pas contente du tout !" sermonne le garçonnet d'une voix qu'il souhaite grave et impérieuse,
mais quoi donc ici soudain l'impression puissante de sa mère survient pour humilier sa certitude,
le petit maître s'exerce à commander,
encourager le petit maître de quelques battements de la queue,
légère comme un bisou.

L'être accompli ainsi sait tout ce qu'il doit savoir selon sa nature et l'amour.



15 Nov





un fl
ocon
il
va
choit
vent
vire
(Avishal ! Avishal !)
fond
(que les harmonicas décorent)
(et les bleutés rouleaux d'une fumée de)
la
cig
arette

L'être ccompli insi il v et vient

10 Nov





La clarté de l'oracle ne présage rien de bon.
Désastre au réveil, désastre à midi, ruine au soir.
Toutes les oranges pourries.
Poires blettes.
Cette amande n'est pas mûre.
Accident. D'abord faire faillite, puis deuils.
Echec des traitements médicaux.
Mieux aurait valu ne pas naître.
De la gangrène du corps ou de l'esprit, pense laquelle est la moins douloureuse.
La méchanceté gratuite te sied à présent. Sans soulagement.

L'être accompli ainsi se livrant avec ardeur au ressentiment, à la dissimulation, à la haine et à la mesquinerie, d'abord lapidé meurt dans l'indifférence de tous et seule la honte lui survit.



10 Nov





La nuque pour une houle symphonique -
premier tiré d'archet - les devins devinent -
aux traces des échassiers.
Allongé au contrefort de ce manoir étrange
- dont il se racontait que s'y étaient déroulés tous les crimes de l'amour -
le soir, j'étais libre.
A moi alors la plupart des prodiges des magiciens.
La preuve en est, au portail,
les cascades de ferronneries,
les vertevelles vaines, les obliques moraillons,
auberonnières et auberons, les pênes fourchues et leurs gâches
désapariées, flasques.
C'est alors que je jeûne.
Afin que daigne m'apparaitre
entre deux écheveaux de la Nuit,
le doux, le fort visage de Margarita,
les traits déjà dissous dans l'obscurité,
dont seule l'expression s'exhale - invincible,
soit pour l'accoeuil, soit le rejet.
Je est un autre.

L'être accompli ainsi s'endort au milieu des rêveries.

8 Nov





Voir son ouvrage sur un comptoir de café.
Aller dans la rose trouble.
Trembler avec la rose floue.
Pas un monstre, composer pas un monstre, qu'on dit, plutôt un handicapé.
Petit dieu des orages qui boit la mer à la paille.
Déposer cependant ici-même un quelconque impersonnel infinitif,
car mon temps, voyez-vous, c'est le vôtre.
Tenir. La forme indiscernée, stupéfaite.
La tenir en mangeant son hululement de barbare, drogué pour la guerre, et nu.
Hier, une inconnue: jolie, et ivre, un peu, aurait offert au requérant un, puis deux, puis trois - pétales de sa rose pourpre.
Hier en en caressant le front et le nez de sa copine, assertive: " une caresse de rose."
Hier quand elle en aurait frappé légèrement la joue de sa seconde copine, le requérant aurait prononcé: " une gifle de rose."
" Une joufle !" fait-elle, " qu'il est gentil, cet homme !" - dans le même souffle.
Vite l'éphémère assemblée se disperse, pour laisser place aux visages et vents.

L'être accompli ainsi percole en silence les saveurs de la pluie.



6 Nov





... Le iench !... mais il est mort ! et elle éclate de rire.
non, mais une fève de cacao, l'autre !
on ne dit pas l'iench, mais le iench.
non, il n'est pas mort, le chien Zéphyr, ça m'étonnerait :
plutôt filant au même chemin qu'il est venu.
je crois qu'il surgira encore, pour nous surprendre :
tous, il nous sauvera ! la babitchka a quatre dents.
répétons avec ferveur quelques mots de langues imbéciles :
breton, ewondo, nahuatl, basque, sorabe.
ma langue à moi, je ne l'ai jamais connue.
le monde fond. le chien Zéphyr, hilare,
sur les galettes de glace, minces, minces,
comme une chose sur le tablier du Steinway au hangar.
c'est quelque chose d'elisé qui tourne là
ou bien la cervelle d'Ymir aux pensées alzheimiques ?
... qu'un Nemo de poutrelles furieusement contemple.
vitraillages vers rien, ça ! que d'heureux souvenirs !

L'être accompli ainsi sans se soucier de l'abîme qui monte bondit de prise en prise.



5 Nov





Revêtu du presque-parfait pourpoint de toi-même.
À chaque trou d'aiguille, un ancêtre recule, de gueuloir et de paille.
Puisse une femme te veiller dans tes peines.
La peau de ta darbouka est en regards de l'amante,
La marqueterie de ta darbouka un patchwork de ses caresses d'hier.
En sa terre tournoient tes enfances crémeuses et la vieille amanite.
Sur l'autre trottoir, coucou ! à Majnir l'épicier.
Ne tue pas. Ne voles pas.

L'être accompli ainsi sédimenté par sa vie.



3 Nov





Les anciens sont inhumés dans nos joints. Mais quel doux labrador, celui-ci !
Soudain le guérisseur détecte et extrait l'os de l'émotion.
Entends ! C'est la diaule du souffle aux lèvres du tout-petit !
Vite ! Une poudre de Mars, qu'un chignon épinglé d'un stylo,
De calende - époussette brutalement, pour toujours roulant - à calende.
Ah que trèfles s'achèvent, petits autels bêtes,
Fers-à-cheval, chouettes, chats crucifiés.
Là tu cours dans le matin, une parhélie au cils de graphite.
Qu'est-ce donc, mon dieu, qu'est-ce donc que l'homme,
Qu'est-ce donc que l'homme qu'il soit si beau ?

L'être accompli ainsi pendant quelques minutes supporte sa félicité.



3 Nov





Le chat noir. Le chat noir est sur lui.
Le chat rouge. Le chat rouge est sur lui.
L'œuf. L'œuf de lin est sur lui.
Le clou noir. Le clou noir est sur lui.
La parole. La parole est en lui.
La parole l'angoisse.

L'être accompli ainsi se démène sur scène pour soulager le peuple, puis s'assoit à l'écart.



2 Nov





Passer des siècles comme des dés trop lents.
D'une morsure je fus fait.
Je n'aime ni, aux champs, l'œil-du-jour ni le soleil-terrestre.
Cette faim ! d'une non-mort à l'autre. Et sonnent bagatelles.
Je creuse de mes dents ta taille, vers le bas, sur le côté, juste avant le renflement.
J'enfonce la langue à la feuille-de-mûrier du vouloir.
Je siffle ta mer, ton sang, ta lymphe, ton âme.
Tu es en paix et ma peine demeure, avant l'aube.
Je dors tel un poumon dans le désert.

L'être accompli ainsi aime authentiquement chacune de ses femmes.



1 Nov





Tu y reviens encore , Garrigue ?
Eh bien ! L'image au bout du mot.
Becs bleus des colibris noués:
C'est quelque couronne d'un soleil perçant.
Sous la nuit privée d'étoiles,
Un feu condense l'absence.
Soudain, la peau, et la patience, et la folie.
O lait amer, o lait humain des prodigieux hochets !

L'être accompli ainsi quand déborde la moelle des 365 os danse souplement.



31 Oct





L'ombre. L'alombre du dos.
L'alombre de la nuque,
La tanuque du dos de l'alombre,
De toi l'alombre, de toi l'anuque.
Elles courent, al' multiplient dans la prairie.
À la lumière de la bougie que tu tiens.
Qui suis -je ? ( ceci par trois fois crié, comme un écho contre les vagues ).
Couper, trancher, soustraire, multiplier toute ombreuse lalombre de l'ombre elle -même, portée, transportée.
Celle même que tu portes, nuque ou bougie.
Puis tu l'appose dans le drageoir, sous ton indefinitive camée.

L'être accompli ainsi une fois de plus accouchant de la forme des sels, de leurs ombres, par trois fois claironne nos noms, alombre ! alombre ! nos noms. Croise. Recommence.



30 Oct





Bouquet de colibris. Boyau ré la mi nouant.
Aussi marcher où crisse la neige joyeuse.
Bleue-minuit la brume violette s'amenuise entour la cheminée qui fume sur la hanche neigeuse.
Donc marcher où crisse la neige psychotique.
Selon lune, selon talc, selon ventre,
Tel un coq de menstrues horlogères, tambour, marcher.
Alors la passion qui déporte.
Frère Fafnir, orgasmicule creux orgasmicule inverti
Selon orgasmicule chartreux orgasmicule pénien évidé ah.
Ce qu'ils l'ont écorché, leurs mi ma mot méchants, ah.
Rose saumon pourrit bleu minuit, rose minuit,
Pourrit brume pourrit saumon.
Donc marcher, sinon marcher.

L'être accompli ainsi d'abord ravage ce qu'il aime, ensuite le justifie.



30 Oct





Pourquoi ce silence -
Pourquoi cette brûlure ?
Me crois tu vraiment noir ou blanc -
Homme ou femme -
Joyeux ou triste ?

Dans cette geôle où tu me relègue -
C'est toi que tu enfermes -
C'est de ta peine que je souffre -
Quand même ruant comme un cheval saisi -
Crachant l'écume -
Tu ignores que tu souffres -

Et maintenant que feras-tu -
Pour me défaire ?



( 29 0ct )





Une barbelle est drapée, exaltée jusqu'à l'oxyde,
Reniculaire puis à la fin anal.
Par ailleurs un quelconque air torréfie
Et c'est on ne peut plus tout à coup !
Cette femelle croupe vironnée au fil d'acier n'en fut pas moins inventée pour les troupeaux des plaines.
Ronces d'abord puis mousseline.
Si tu crains, leprechaun ou huhant, tu choies, gencive contre boue.
Si tu ne crains pas, tu vas.

L'être accompli ainsi se défait des ronces de la vie.



28 Oct





Le hautbois a déposé,
Au matin au champs,
Pour nous. L'eau pâlît
Dans les pas des grenouilles.
La mousse expire
Une pluche comme un nonchaloir,
Pour nous. L'eau pâlit
Dans l'empreinte des grenouilles.
Voilà un hèle d'un bouvier.
D'un enfant entre des carreaux,
Ambrés, ambrés. Hého... hého !

L'être accompli ainsi suscite bien à la caisse du supermarché.



27 Oct





Au Bois Noir. Fauves délurés. La tarasque à Nerluc.
Tête de lion, corps de python.
Il respire - il empoisonne.
Ses écailles - des étoles - des rasoirs.
Ses mains - doigts de grizzly - au Bois Noir, six.
Son dos - l'arrêté du juge, demi-frère du maître du bois noir, le héros.
Ses flancs - coquilles de tortue.
Ses yeux - fronces d'un Stromboli titubant.
Sa gueule - poignards de la requine, flaireuse des jeunes sangs.

L'être accompli ainsi la gadeù, lagadigadeù, la tarascou, la gadeù, lagadigadeù, lou casteù.



27 Oct





et à la fin c'est un beau monde
l'amour que tu reçois est égal
à l'amour que tu fais
l'amoureuse impulsive t'asperge de son parfum
et tu rouspètes plus heureux
que Salomon - Roi en sa gloire

L'être accompli ainsi prend le dernier métro, tout le monde le mate.





Un vieillard qui roule sa tête entre les seins d'une jeune fille.
Sur la table, on distribue les mets.
Une jeune fille abandonne ses cuisses sous la table.
Sous la table, joutes des fleurs et du bois !
Une jeune fille embrasse son compagnon pour cacher le plaisir reçu de l'hôte.
Un minotaure renverse, renverse l'hôtesse sous la table.
Il est impératif de lutter contre la montée des populismes.

L'être accompli ainsi dans la finance éthique distingue entre le dire et l'agir.



27 Oct





Le nourrisson de la vallée porte ses vagissements.
Pleurs du nourrisson, pitoyantes grenailles !
Des fentes de grès le lait s'échappe, et sa peau, c'est une vie dans les sentes boisées.
Quant aux sonneurs, ils auront gonflé leurs joues. Chaos en gestation.
À cet instant, pas une femme de la vallée qui ne fasse l'amour dans la rose rosée, dans l'ortie urticante.
Vagissements : toutes les femmes convergent vers le nourrisson.
En vrai ce nourrisson était un dragon ! Il les dévorent toutes, hypnotisées, anesthésiées. Croissance de l'ordre.
Ceci eût lieu dans la Bat d'Enbès. Territorialisation souhaitable.

L'être accompli ainsi vite s'enivre entre la sage-femme et le fossoyeur.



27 Oct





Être de mercure et de souffre exalté,
qui place, déplace, modèle, efface les aquatiques intervalles,
qui croche et vivifie, ou stagne, opulente et obscure,
qui presse ses mamelons sur le ciel,
harem de nombreuses mémoires,
o sirène,
et d'or le soleil est teinté et d'argent la lune
doucement flotte sur la houle du temps.

L'être accompli ainsi se souvient de moi au temps correct.



23 Oct





Graine noire d'une courge sur la margelle. En outre, copeau d'eau.
L'enfant fait tourner l'Angola verte et les Açores bleues et la jaune Argentine.
Trèfles des champs ! pétales de viande.
Par l'aubépine jadis sainte ! fleurs de chair, de vers, symbalon, cymbalettes, hop.
Le fils de la femme nomme ses nouveaux ministres. Ouverture.
Notre-mer la blanche, notre-mer la tueuse: je t'aime encore.

L'être accompli ainsi au printemps réinvente une grammaire pour pénétrer sans honte sa petite.



21 Oct





Sur tes paupières de phénix, lire le temps.
Dans tes yeux de fumée, lire, aussi, le givre.
Tes doigts tapotent, un, deux,
tapotent.
Sur la pierre minérale, la lire encore, la feuille.
Matière de langue, la tienne. Avec l'oiseau
qui-n'a-pas-nom. C'est simple, si simple !
Quel soldat ivre sur son cheval de bois, à Bruxelles ?
Et l'horizon, par ta clef, diphonique, ouvert, ta voix.

L'être accompli ainsi ainsi enfin s'inaccomplit.







Contre le noir de la nuit
Contre le gris de la rue

La conjonctivite
La rue bancroche
La bouche criarde
L'invocation difforme des pères morts

Avec le noir de la nuit assise
Gravement
Sur la chaise du théâtre
De toutes nos vies du Monde

Ses yeux en bobines
Filent
L'écume
Une de sel
Une d'étoile

Sa joue
Son front
Sa joue

Sa joue
Détache une nuit
Plus pure

Dis
Tremblante
Comme une tendresse



20 Oct




Blanc oeuf œil palmipède cuillère.
Incertitudes pour le badaud.
Il trouve un mouchoir de papier jeté sur le trottoir.
John Fitzgerald s'adonne à de honteux libertinages, son petit frère commande.
À déplier le mouchoir, quelle ivresse ! Il est plein de rouge.
Sur ce crosse d'haleine errante sur le champ nu d'hiver, sinon le horla c'est la viole. Rien de bon.
La balle ensorcelée crève l'œil du grand et du petit.
Pute...! Salope...! Tu bouffes ta grand -mère.

L'être accompli ainsi pour rassasier sa faim embroche la caille sur son nid.



16 Oct





"La roseraie soit de pierre !" mais il oublie le crépuscule.
Avant les épousailles, l'union en duvet de chardon.
La luxure nait de l'humide : je t'offre l'humble panicaut.
Azur tendre des soirs: carbonate de calcium, carbonate de magnésium.
La sorcière espère fixer la fleur de soleil. Rires.
Celle-ci fait semblant d'aimer puis semblant d'oublier.
Neiges d'hiver, torrents de printemps.

L'être accompli ainsi tour à tour pour se faire minéral et végétal, vocifère en surface, reste calme en dessous.





19 Oct





Quoi ?
Hein ?
Comment ?
À la dzi.
À la dzeu.
À la dzi, à la dzeu.

L'être accompli ainsi est ainsi.



19 0ct



Auréolée d'amande sombre.
Présage de lune.
Bon vouloir de la place publique.
Mauvais vouloir de la place privée.
On apporte l'habit bariolé au juge.
Envol du grand, chicanes pour le petit.

L'être accompli ainsi fait grâce à l'ourse dans la fosse.



16 Oct



La glycine couve l'étreinte des deux compagnons.
D'abord les doigts, ensuite les corps.
Dévoilement des grottes emplumées.
On mord l'eau froide des bassins.
D'abord les corps, enfin les doigts.
Le dragon qui torsade ne craint pas les commères jalouses.

L'être accompli ainsi pour accomplir le rite dédaigne les protocoles.



16 Oct





L'est : il convient de démanteler la source.
À l'est, le moyeux de fer flamboie comme des élytres sur les armoises.
Ouvert à l'est, à l'est fermé.
La boiteuse se presse vers le rouet de l'est, un os courtaud.
Vents d'est porteurs, porteurs !
Pourquoi questionnes-tu les sorts sur les autels de l'est ?
La petite fille en tournant fait évaser sa robe.

L'être accompli ainsi avec soin dispose lit et allumettes pour l'amour.

16 Oct






mercredi 23 juin 2021

tremble

 

 

Tremblement essentiel
... cet étalon, une génisse —
une chose ! nous
                            tremblent —
la peau d'orange d'une chose —
                                                    vibre —
d'un oeil frappant je te saisis, crin réel —
je te frappe du regard, vieille bête harondelle chinée —
du plat de l'oeil je te paume, rugueuse,
vibrante - t'assujetis -
                                    domine !
car j'en fais le serment :
si je sais autrement etcoetera et
l'onde et l'air
ou l'air en l'onde
je ne sais que le trait qui vacille —
un idiot essentiel
( il baille chez lui, la lanterne crépon )
fièrement bredouille - et bois
                                                par le nez -
et bois l'étoile
                        par le nez
et bois l'étoile cachée
                                    par le nez
et en plein jour bois l'étoile cachée
                                                        par le nez
— rude pourtant est la sentence de l'écorce dans son dos —
l'idiot ! ça dessinerait une fleur-caméléon-jumbo
dans la nuit menstruelle
par dessus le réservoir
où qu'elle l'a bel et bien noyée, sa gosse ! 

que la voie simple-double du tram
qui sépare, à vertical, les alcools-laines d'en dessus
des huiles-roches d'en dessous
haut ! bas ! bas ! haut ! frrrrrrrrrrrrrrrrrr ! 

tout passe — pourquoi —
de la ville à la ville le temps-camelot trébuche
rime ses fioles tête-bêche dans la barcelonette de saule
sous les cils des jolies Étonnées
blasonnées
                fleur-de-pomme
feu noir tremblant, feu rouge, sombre-de-craie - tremblant —
passent les joues terra preta -
                                                passent —
passée la promesse des herbes
                                                 passe
même les ridules alignées impec
sur chaque mamelon l'encre les houles
le vent les arase — les bois l'ébauche d'un sourire —
et même le souvenir s'en efface

... et l'épineuse pelote du vouloir
multidirectionnel —
jamais ?

Voyons ! le corps, les muscles, les dents, les nerfs,
les arbres, les herbes, les mousses, les champignons,
les os, les pierres, les astres, les larmes — passent —
le sel, le romarin, les alliances politiques, les conjonctions amoureuses,
les elfes et les gobelins - passent —

et le vouloir, fatidique, inexorable —
jamais ?
Tremble donc !
Tremble en tremblant, tremble de trembler - tremble !