samedi 7 septembre 2019

passage...

Passage d'un faucon en chasse : silence ! Quelle vitesse ! 
Quelle idée !
Quel passage de l'émotion entre les étendues du temps !
Quelle coupure entre l'œil et les nuages !
Couture entre les pierres des tombes !
Mobile nu, et pur, o plus claire expression des lierres ancestraux ! 

mardi 20 août 2019

Euh...



in Les These Inconnues 

https://editionslebrechet.blogspot.com/

Relations entre paradis interdit, voyance, prophètie, écriture, poésie, transgression, etc...
Non, non... Mon narrateur a bien dû y croire, à un moment ou l'autre, et moi aussi, en partie, dans la mesure où un auteur s'imprègne de ses personnages et de leurs entreprises. Mais je n'ai jamais vraiment adhéré à cette idée de voleur de feu... c'est une représentation fascinante, et très satisfaisante, au fond. Mais je n'aime pas vraiment être fasciné ni fasciner. Mes "Thèses Inconnues", c'est peut-être un peu justement un des lieux où j'ai le plus croisé cette "idée", mais pourquoi ? Si ce n'est pas justement pour tenter de lui faire la peau, une fois de plus ? La seule "transgression" que j'aime vraiment, au fond, c'est celle de vivre et s'en satisfaire cahin-caha. Prométhée et son foie bouffé par l'aigle divin, ils attendront. C'est un cliché, et c'est ce cliché, social,  qu'on paye quelques fois. Ma vraie passion, en tant qu'écrivain, c'est de DIRE. Dire, ça implique aussi de dire les bornes, les limites, les poids et les mesures. La réalité est bien assez infinie comme ça !

mercredi 10 juillet 2019

message d'un lecteur

Mail d'aujourd'hui.


"...

J'éprouve le besoin de vous dire que, après une assez longue interruption, j'ai repris la lecture des Thèses Inconnues.
J'ai lu ce matin la dernière page du "livre de pitchi-poï".
C'est comme de traverser le feu. Je ne sais quel feu... Celui qui brûle depuis l'origine de notre Terre dans le fond du cratère d'un volcan actif ?
Toute métaphore est déplacée.
C'est juste pour "dire" - et que dire par du silence, ce n'est pas facile ici... Alors, j'ai pris ce que j'avais à ma portée.

..."

J'ai hésité, mais je le mets là - l'idée est que ce livre soit li... 

Tant mieux si ça vous parle ! Merci beaucoup de me le faire savoir ! ---

dimanche 30 juin 2019

Puis

Puis il brouille les odeurs
( oui, le jour, de sa crinière palmée )
pour établir un autre règne.

Les iris montent sur le caillebotis
avec les ballons multicolores
lorsque se gonflent les ombres et
le soir trébuchant ne connaît aucune fatuité:

sucres et mémoires fermentées
ah que je vous sème
( oui, les feuilles crissantes )
que tant et tant avons aimé

On voit...

On voit le jour mesurer
L'exacte longueur de l'oiseau

Et dans leur alerte emmêlée 
capturer
des marques de pas plus anciens 
Et tant d'autres vœux qu'on dressa

Et puis qu'on déposa 
Afin qu'en soit tissé le jaune safrané du marais 
Où gisent pourtant quelques spasmes de vent
œufs
      cymbales 
                    soupirs
                           fleurs.

samedi 22 juin 2019

Un papillon

( à Jos R. )



Ça entend le ban des migrations
Les prosternations se groupent dégroupent 
Brandissantes derrière les campaniles ecclésiales 
S'autohissantes le long des clochers violacés

Ça tranche, ça découpe et crisse les bancs 
Ceux qui surgissent de là bas plus loin 
Remuements sombres de trop pourpres artefacts 
Les pavois, clameurs et honneurs 
- ce sont aussi sirènes et ondins ? -

Ça vient à l'air monstrueux
Les princes dans l'air incestueux
C'est fermentant de sels et le sang jaune et - l'air 
Lui - il porte ses temples et leurs humeurs,
par la corne, et puis la gorge, dans les sucs gastriques,
Il l'ensepulcre au sombre de l'oiseau, dans le dieu tout ignorant

Il la porte, il la déplace, il l'évacue, il la divise, 
Il s'en fait le malaxant, un chérissant, 
mais finalement il la transporte, l'air -

Et c'est ainsi approximativement que j'aimais tes clochers, ma femme, 
ma femme qui femme, tes noirs, tes bas, tes doigts 
O bleuités de ses sangs morts en ses pavois



jeudi 20 juin 2019

Matin

Beau pigeon 
Beau ramier des matins
Doux trembleur de nos vins
Et souviens toi du romarin

Des citharèdes et des chagrins


mardi 11 juin 2019

Nuit sans mensonge...



Nuit sans mensonge ! Feuille trop glabre des vœux et mémoires ! Nuit des nuits !
Va t en. Pourquoi venir - ou ne pas venir.
Meurs... ne meurs pas, plutôt, ça m'est égal.
À travers la petite herbe, une fente dedans, 
Fuis, flétris, nymphe, et racines, racines, racines.
Pourquoi ces poumons vainement saigner l'air ?
As tu vraiment pensé que j'eusse pu t'aimer ?
Conne ! Fiente crédule ! Tu ne sais rien. Je dis : tu ne peux rien savoir.
Ni de moi, ni des chiens qui rôdent dans le monde,
Parce ce que tu es conne, crédule.
Je ne t'aimais pas : je n'aimais que l'amour de t'aimer. 
O Amour-de-nuit humectée par les noms de rien,
Tu tenais ma nuque pendue sur des rails hyalins
dans l'image d'une respiration de toi.
Mais quand les hommes travaillent,
À l'armoise ennivrés,
Martelant les travées,
Leurs torses dénudés -
Quelle liqueur a là sué ?


L'être accompli ainsi sait tout.