lundi 11 mai 2015

Avec vue-sur-le-port

- à Eurydice -






Avec vue-sur-le-port où les croches des mats
Piaffent en brouillards électriques
En bols le temps vint bleu je ne crus plus
En moi: malheur pour qui est ligoté
Sur les traverses des pervers les drilles

Je dis que mon corps encombre la cuisine
Comme un tas de charbon sur une feuille de laitue
Que se fasse loucher le cyclope la lanterne-pompier
Ou le beurre noir entre les gamelles pêle-mêle qu'on
Verse d'un ciel de cèdre-cendré elle
Parait disparaît: clignote comme un stop rouge
D'un coeur pas-mort et si la dernière vision qui y demeure

Est celle d'une femme dont les cheveux
Ramenés en chignon bas bordent
Sa nuque beige qui s'évase
Ses seins lourds emblousés pesants sur le montant
Au-dessus d'une mousse de rosiers
— Juste avant que les ombres se retirent que se fende le soleil
Que le rapace ou le corbeau s'efface et que s'enfle la palombe
Ou que le rire de l'enfant perce d'air en air les gencives
De l'air ou que neigent les pétales et les feuilles de givre —

Nous ne sommes pas transparents assez trop
D'huile par là pas assez de citron là
Le radis noir pourtant pourrait bien s'oxyder
Lui que j'ai coupé en lamelles plus minces et en dés humbles
Avec mon couteau à manche de bois plutôt qu'avec la mandoline

Attendons sweat heart attendons une flaque d'ambre
Transpercera bien un de ces foutus matins
Les crachins romans de Bretagne
Signe sûrement que la terre tournoie dans sa cuve d'étoiles:
Vous et moi pareillement l'héritage fondra
Sous une aile de granit
Selon l'archet floral et le sel de table:

A chaque seconde où le souffle se lie
Là il se délie aussi et ce qui cligne alors
Dans les lumières le soir du port

C'est le salut d'une arme et le clac d'un talon:
L'arme crache ses fleurs jets de crépon rouge
Et le talon sur une malléole que nul n'empêchera
D'être mienne c'est le choucas du temps
Qu'elle balance une navette un encensoir

Nôtre et cireux pour nous les pauvres passe le temps:
Chacun pour soi et dos à dos:
Est-ce que par hasard là se camouflerait une sauterelle
Dans le café dans le gobelet de plastique ?
Derrière la lèvre cerclée d'un anneau de fer
Une fauvette clignant alternativement de deux yeux ambres ?
Dans quel chenillard vertigineux de paroles
Ame féminine toujours
Ambre-et-fauvette t'es tu cachée ?

Chères mes lymphes bigleuses tous mes taons acariâtres
Tic&tac&tac&tic qui vont&vont dans les vapeurs des frondaisons
Venez hanter la bave desséchée grise et d'or de ­— dors dors

Le mort vient par le langue —





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