lundi 20 avril 2015

Leurs talons dans les champs assourdis

Leurs talons dans les champs assourdis
choquant les couvercles des grottes

la poussière pâtonnée sous leurs pas
inhume des foudres dans les charbons de bois:

chaque pas élève et  replie les lins
éphods de pâtes sur l' épaule des pins:

trente moins quelques jours d'années
chacun pour soi songe et murmure:

"Qui aurait pu vivre là ?"
" Qui l'oserait que nous ? "
"Ramper sous les dalles de pierre ?"
" Chanter, chanter, dans les saillies des ombres !"
" Auberge rouge des charbons !"

Leurs talons cloquent, et ils invoquent
drapés de ruisseaux filandreux, filoches de perles noires.

Or voici de la terre la plus simple
l'aubade de leurs doigts fourchus:

Et rôde et plane dans les secrets du monde: 
taupins, chrysomèles, hannetons, collemboles.

Le temps les ronge et le temps est vaincu:
Ni chiffre ni message mais le charbon bleui:

" Qui pourrait vivre là ? "
" Qu'est-ce qui nous tisse là ?"
"  Est-ce toi, est-ce moi ?"
" Mais qu'est-ce que ça qui nous là ?"
" Quoi nous écrit nous ça ? "

2 commentaires:

  1. Comme allant touillant dans ses traces le minerai pour la forge dans la tourbe d'un marais. Ça me rappelle l'origine du fer et j'ai trouvé éphod aussi.

    RépondreSupprimer
  2. Oui, Isah, je crois que c'est bien très très exactement l'émotion qui m'a fait faire ce machin. Je suis toujours un peu étonné quand je m'aperçois que mes textes disent ça, aussi, et sont lus comme ça, alors que dans les mots, je ne vois rien. Toujours très très surpris que ça transmette quelque chose aussi de moi. Merci. ( m )

    RépondreSupprimer