vendredi 2 mai 2014

Veille, Prince doux, l'heure est exquise.

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- Veille, Prince doux, l'heure est exquise.
C'est l'heure exquise, mon Prince,
Viens ! avance et viens -- et
veille. Souvent j'ai observé

qu'à l'heure où les miels de la lumière
où les après-midi chargés d'épices
mais déjà tourne ses visages
vers les herses premières du soir, alors
il y a des statuettes dans l'air
brêves statuettes de geysers frais.
Dards et ablettes de sable s'élèvent, s'éboulent,
fraiches bulles fraiches éclatées sur
des tessons d'enseignes colorées. Vois,
mon Prince, on dirait qu'il pétille, la Nature
rayonne d'artifices. Et le Royaume
sous la forme d'un diablotin à ressort recroquevillé dans son oeuf...
craquelant de l'intérieur la coquille flammée,
contenu dans le balancement des cimes qui ploie
à rebours des talons l'encolure de nos juments,
prêt à bondir.... à répandre en éventail sur la table
les cartes pour la bataille, prêt... à tout
ce qui viendra, germes ou poux.
                                                   Mais je rigole,
je rigole. C'est l'insomnie, ça, oui ? Ca suscite ça, ouai-i, l'insomnie !
fous-rires, délires.
C'est mieux, hi, crevé franchement, pour l'euphorie
qu'être beurré ou le teush même. Je divague,
Délires, navires, sabir, respire, dire, médire, prédire, maudire.
                                                                                                   - Et puis ?

- Et puis on fourre le pain dans la gueule du brave diable
près des flammes, sous le fer à cheval. Et
on attends. Et on voit.





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