mardi 24 décembre 2013

mizpe ramon

mizpe ramon

arêne de pierres où n'a naqui naitre ni pensée
franchi ni pensée ni vieillir ---

je ne me tutoie-pas dans dans ce minéral miroir
l'oeil ici doit se taire tout le crie
en criées de lumière
l'oeil ici doit se taire

las et rompu par les festins que de lui font l'air et le ciel
le voyageur rampe comme un voleur dans une fente à mi-pente
ombre inachevée dans l'inintention
ma chair d'homme falote entre ombre et bougie

o quelle image impaisible pour les yeux
stries où les caillasses sont bourdonnantes comme les mouches
tu parais o cratère bassin où se baigne l'étoile du jour
l'air profuse des architectures secrètes du soleil

je dis couronnes, gaines, enveloppes
multiples voiles taillées en toiles de feux
beauté lente des chaloupes solaires sur les marées du ciel
nous ici dans la rade du ciel
les pierres sont les ancres de navires de braises et de flammes

tu n'es pas fait pour les regards des hommes aux front polis
mais quand même ça m'étonne
que mes yeux puissent s'ouvrir à la cohorte cohorte des êtres en blancs
( et d'abord j'avais placé un adjectif pour qualifier cette cohorte
mais vraiment j'y renonce c'est bien plus justement qualifié
sans le moindre adjectif qualificatif )

dans des lèvres de roche coulait un ruisseau d'air
comme un baiser d'aveugle et frais autour des bras
le voyageur, fatigué des duels des villes et des paroles fébriles,
se rêve bourgeon du coeur de la falaise
sa langue ou sa prunelle incalme
dans l'ombre des paupières de roche

la lèvres de roches où s'enroulait autour des bras
un baiser d'air comme un ruisseau d'aveugle
dessus dessous la pierre chaude
o comme une prunelle assise entre les paupières de la falaise

et dansent lents dans la lumière les pierres dans l'arêne
les os à nouveau minéraux des bouquetins
avec les flèches fines, les ombres noires et les gemmes de sang
des émanations du contre-manteau, la terre,

qui clabaude entre la lumière et la ténèbre.

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