jeudi 3 octobre 2013

au trentième an de ma vie


















au trentième an de ma vie
on avait sucé la moelle des étoiles
c'est pour moi
et même la vermine grouillait
graissait de la plus angélique substance
    de mon âme.

Comme dans les flots de poussière
l'enfant au réveil ordonne la lumière
    moi pareil
dans les miettes des festins des souvenirs
fit paraître prompt à le croire réel
un moule orné de visions et
    je l'aimais.

Pour atteindre
sa mèche comme l'éclair
effilochée
sur l'infinissable chapelet radoté
j'ai rampé
fermé comme le globe du ciel,
de grain en grain,
    jusqu'à ton corps huilé.

nous avions l'un pour l'autre du goût:
afin que nulle beauté ne referme la vie
tu as  autour de tes tentes
une à une
noué les aggraphes du désert
et même le clic ne s'entendit pas
    dans la poignante
    solitude

épouvantés par nos mains qui nagent dans le matin
nous avons engraissés de nos instants passés
    comme des lombrics.
sang et crépuscule
de la caravane de nos corps
nous avons menés la lumière
    jusqu'à sa rouille.

ainsi portâmes nous le deuil de ceux que nous avons tués:
cendre et poussière que nous mangeames;
    d'un meurtre à l'autre
nous nous fabriquames quelques aventures
     pour en prendre la force.

Maintenant de la vision que je voulus sculpter dans la pierre et l'histoire,
prétendent témoigner les rires des petits chiens qui mordent.
les amants encore vivants sont écorchés de leur légende
que déjà ils s'aboient dent contre dent, dehors
    dans la ruelle populeuse.







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