mardi 15 octobre 2013

Au marais des orgues

( pour Ash, & Jos, & Anne-Françoise )




Au marais des orgues inverses,
le matin la grue s'éveille - et frissonne
"à la fin c'est un beau monde
la mémoire le pilote"
et la grue, tendant
cou, ailes et pattes et queue
le hisse sur ses griffes lorsque,
par la cible où la nuit, parachevant ses bouillons,
où tremblent les cuivres, où se dénouent
des mouches de laiton, et vite en files
s'éteignent les guêpes électriques,
elle s'enfuit à travers l'arc d'elle-même,
disparait dans les transparences emmêlées.

Mais l'eau - l'eau claire mais l'eau
bonne - ou verte - et pas d'absinthe

une eau
qui coule de sa paupière se souvient
d'une racine comme,
assise sur une berge pentue une fille
qui tapote du roux d'un orteil la surface
qui s'échappe mais qui tout en fuyant
entre la prêle et la phragmite
garde dans ses tresses
le tortillon d'une galaxie frangée d'ivoire,
de même sur le marais, la grue se perche:
d'abord coupe les traces des gerris,
parmi plongeons épars, clochers creux.
Puis le lait des êtres temporaires.

Quand sur l'autre bord
la fauvette empêtrée dans l'épine
finalement divulgue attentes et secrets,
criant " tu fais le lit de ces tresses etc
tourbillons empesés d'une jupe —"
alors la grue s'élance - plein Ouest -
vers la miséricorde, les saintetés tendino-cartilagineuses...
Tout reste qui n'a pas été entendu où les herbes s'effritent.






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