mardi 4 juin 2013

et de la lèvre à la lèvre ( extraits )

(...)
et
de la lèvre à la lèvre
les flèches sortirent de la feuillée vibrante,
impétueuses comme des orbites d'un crâne de vache
l'herbe invincible - dio dio !

(...)

Où ? ta cervelle de moelle patiente,
qui ? a craqué ta coquille de noix, qui ?
suça le beurre de tes os, tes yeux
tendresses nonchalentes, coucou,
coucou ! épais mieux que l'lait de tes pis ?
Quelles sorcières, quels vers,
douces pailles, douces pailles !

(...)

Le phoenix, son bec jaune en vol entrouvert,
sa langue bleue pointe de son bec jaune,
crillarde; ses tendons rutilent,
ses nervures - ses rémiges - pétillent - brasillent
comme les inflorescences de la lande rugueuse des bruyères
au crépuscule et mordant l'incendie qu'il engendre et le porte et féconde
tellement mêlé convulsif à lui-même
que l'azur charbonne halo de lui;
mais le ciel toujours partout est lisse:
et l'après-midi au village les ombres s'étirent;
dans la fontaine, où l'eau n'a pas de tache.

(...)